Agir en faveur de la réussite scolaire d’adolescents socialement défavorisés, en les initiant à la gestion de projet : telles sont les principales vertus du dispositif national “Pourquoi pas moi ?”
Le constat est bien connu : les Grandes Ecoles et, dans une moindre mesure, les filières longues et/ou sélectives de l’université recrutent leurs élèves principalement parmi les enfants de cadres supérieurs et de professions libérales. Cette tendance à l’homogénéité socioculturelle des élites, loin d’avoir régressé ces dernières décennies avec la démocratisation de l’accès à l’éducation, s’est au contraire accentuée. Pour contrer cette tendance, puis l’inverser, plusieurs dispositifs ont été mis en place à l’échelle nationale. Le projet développé à Centrale Marseille depuis 2005 est une adaptation locale et ambitieuse du modèle PQPM impulsé par l’ESSEC.
Concrètement, plus d’une centaine d’adolescents, scolarisés dans cinq collèges et onze lycées de Marseille, sont suivis dans le cadre d’un tutorat hebdomadaire par une cinquantaine d’élèves ingénieurs de l’école. Les objectifs de ces interventions, articulées autour d’un programme pédagogique cohérent, sont multiples : lutter contre la censure et l’autocensure, contribuer à la confiance en soi, informer sur les cursus scolaires et les métiers, éveiller aux arts, aux autres cultures, aux sciences, améliorer les outils d’expression...
“Ce qui me séduit dans ce programme, c’est que pour une fois, il s’adresse aux bons élèves des ZEP alors qu’habituellement ce sont les autres que l’on aide ; Il me paraît intéressant de donner une chance supplémentaire à ces jeunes ayant de bons résultats et un bon comportement en classe, de s’ouvrir à la culture, de développer une confiance en soi, de maîtriser des techniques d’expression, de découvrir des métiers et des filières de formation. Les professeurs ont noté que ceux qui suivent ce programme assument mieux leur statut de bons élèves, ils n’hésitent plus à se faire connaître en tant que tels, ils ont plus d’assurance et n’hésitent pas à afficher leur ambition… ”, précise Gisèle Alcaniz, principale du collège Jean Giono à Marseille.
Parallèlement à cette action de tutorat, deux autres modalités d’intervention concomitantes, viennent compléter le dispositif : d’une part, des stages de pratique artistique (photographie et théâtre), encadrés par des artistes professionnels et menés sur le site de l’école pendant les vacances scolaires ; d’autre part, des sorties au théâtre, au musée, des visites d’entreprises, et diverses rencontres destinées à aiguiser la curiosité et à alimenter la réflexion.
Si le programme mis en place s’avère incontestablement utile pour ses bénéficiaires directs, collèges et lycées, il s’avère en outre très formateur pour les élèves de l’école. D’abord parce que la complexité du dispositif permet une initiation de premier choix à la gestion de projet. Ensuite, et sur le plan plus personnel, parce que le décloisonnement socioculturel qui en constitue le noyau dur favorise la nécessaire responsabilité sociétale de l’ingénieur de demain.
L’association “Echanges Phocéens“ joue un rôle primordial dans la mise en œuvre et le développement du programme “Pourquoi pas moi” à Centrale Marseille : recrutement et formation des tuteurs, appui logistique, préparation des séances, organisation et réalisation des sorties, repérage et transmission des bonnes pratiques… En affectant à ces multiples tâches un temps important, mais aussi une forte dose de dynamisme et d’engagement, les membres bénévoles de l’association assurent le bon fonctionnement du dispositif.
Contact : Guillaume Quiquerez – guillaume.quiquerez@ec-marseille.fr
www.ec-marseille.fr
Mis en ligne le 12/03/2009
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