La réforme de la formation initiale des enseignants, ou "mastérisation", a plus que jamais un goût d'inachevé. Après bientôt une année de mise en œuvre, le rapport d'étape que vient de remettre Jean-Michel Jolion, président du comité Master, à Valérie Pécresse, mentionne notamment le malaise des étudiants qui se destinent à une carrière dans l'enseignement.
"La motivation de tous les étudiants rencontrés est très très (sic) importante et l'on peut facilement penser que cette motivation est de loin la cause la plus forte du non effondrement du nouveau dispositif", note Jean-Michel Jolion, "mais la difficulté est telle pour satisfaire toutes les contraintes que s'est installée une grande souffrance dans cette population étudiante qui va bien au delà de la seule impression d'être la génération sacrifiée sur l'autel de la mise en place d'un nouveau dispositif".
Partagés entre le travail imposée par un M2 recherche et la nécessité de préparer leur concours, les étudiants sont confrontés à "une charge de travail incontestablement trop importante", estime le président du comité Master, qui constate que les étudiants se retrouvent contraints à "privilégier le concours au détriment de tout le reste".
Jean-Michel Jolion se pose également la question des "reçus-collés", c'est-à-dire des étudiants qui ne seront pas admis au concours mais valideront leur diplôme. Selon lui, il est nécessaire que les ministères chargés de la réforme "relancent le débat sur le positionnement du concours et l'articulation de son contenu avec d'une part le métier visé et d'autre part le contenu de la formation conduisant au diplôme de master".
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