Facebook est sans conteste l’une des plus grandes réussites de ce début de siècle. Symbole des réseaux sociaux et du Web 2.0, ce site compte aujourd’hui 845 millions d’utilisateurs - contre 100 000 en 2008 - à travers le monde (dont plus de la moitié se connectent quotidiennement), et devrait atteindre le cap du milliard cette année ! Rien qu'au quatrième trimestre 2011, les abonnés du réseau ont publié en moyenne 2,7 milliards de "j'aime" et commentaires… par chiffres, et 100 milliards de mises en relations (ajouts d'amis) ont été validées !info
Huit ans seulement après sa création, Facebook vient d’amorcer son introduction en Bourse, après des mois de rumeurs. La firme devrait mettre sur le marché environ 5 milliards de dollars de titre, mais espère en lever 10 – pour une valorisation estimée à 100 milliards –, ce qui pulvériserait littéralement tous les records pour la netéconomie. En guise de comparaison, l'introduction réalisée par Google en 2004 lui avait permis de vendre pour 1,67 milliard de dollars de titres…
Cette introduction valorise également l’ascension fulgurante d’un jeune homme : Mark Zuckerberg, 27 ans, fondateur et PDG du site. Habillé presqu’en t-shirt - gris de préférence -, en jeans et bien souvent en tong, il a quasiment mené une révolution depuis son ordinateur. Mais à chaque success story ses zones d’ombre, la sienne n’y échappe pas…
Mark Zuckerberg est né le 14 mai 1984 dans le Dobbs Ferry, banlieue plutôt chic de New York. Encouragé par ses parents à pratiquer son sport favori, l’escrime, Mark va pour autant très rapidement se découvrir une nouvelle passion : l'informatique. "A l’âge de 12 ans, il va lire pour la première fois "L’informatique pour les Nuls".
A la suite de cela, il a réussi à mettre en réseau tous les ordinateurs de la famille et a même créé une version en ligne du jeu Risk, juste pour le fun", révèle David Kirkpatrick, le biographe de Mark Zuckerberg. Garçon solitaire et timide, il crée également pour son père, dentiste et passionné d’informatique, un système de message pour relier le cabinet dentaire au domicile familial…
Mark passe ensuite 4 ans au collège d’Ardsley High School… et s’ennuie déjà à l’école ! Sa passion pour l'informatique crée une différence et une incompréhension entre lui et ses camarades. Petit génie de la programmation, il décide alors d’entamer des études spécialisées en informatique, mais aussi en psychologie, les deux ingrédients du futur réseau communautaire.
Ce choix va créer un plus grand fossé entre Mark et les autres élèves. Il subit alors les moqueries des autres élèves, mais il ne s’en préoccupe pas et se crée une véritable carapace. Il multiplie ainsi les débats politiques et les tests de culture générale. Cependant, cela ne lui suffit pas : il doit assouvir sa soif de savoir. Son père lui paye alors des cours particuliers en informatique pendant un an. Mais cela est toujours insuffisant : il décide alors de suivre un cours plus pointu à la faculté Mercy College, où il est le plus jeune élève… les enseignements étant destinés aux adultes !
A 16 ans, Mark décide de s’éloigner de sa famille et de son ancienne vie pour rejoindre la prestigieuse Phillips Exeter Academy. Il s’y distingue par son excellent niveau en mathématiques, en anglais et dans l’étude des civilisations antiques. Il lit notamment l’"Enéide", qui le bouleverse : "Zuck" s’imagine alors dans la peau d’Enée, le héros de Virgile, désireux de changer le monde…
En Terminale, il a l’idée de ce qui va devenir son premier succès : il crée Synapse, une application proposant des morceaux de musique selon les goûts de chacun. En quelques jours, des milliers d’internautes utilisent son logiciel, et il attirera notamment l’attention de Microsoft et d’AOL, qui lui proposent plus d’un million de dollars pour son programme. Mais il refuse et décide de se perfectionner à Harvard. Au passage, Mark obtient une certaine reconnaissance professionnelle mais aussi professorale.
A l'automne 2002, il intègre Harvard, auréolé d’une réputation de génie précoce après avoir décliné l’offre de Microsoft. Cependant, ici aussi, il ne fait pas l’unanimité : on le remarque notamment pour son look détaché, ses t-shirts larges et ses légendaires claquettes. Ces histoires d’amour se finissent également bien souvent par des échecs.
Espiègle, un soir de novembre 2003, sa vie va basculer lorsqu’il créée Facemash, après s’être fait éconduire par sa petite amie. Ce site interne à Harvard permet de noter le sex appeal de ses camarades féminines, après avoir piraté les photos sur les serveurs de Harvard. Le site s’avère très populaire, à tel point qu’il fait planter les serveurs de l’université… Forcé de fermer son site, Zuckerberg est même menacé d’expulsion, mais il parvient à éviter le renvoi de justesse !
Pour autant, "Zuck" continue d’étudier différentes idées autour du même thème. Le 4 février 2004, il aboutit ainsi à la première version de ce qu’il appelle "The Facebook" (littéralement "le trombinoscope"). Le succès ne se fait pas attendre. En l’espace de deux semaines, près de la moitié des étudiants de Harvard sont inscrits. Le microcosme universitaire, terrain d’expérimentation idéal pour sa plateforme communautaire, réagit au-delà des espérances à l’aiguillon Facebook.
Le site s’ouvre ensuite progressivement aux étudiants de Stanford, de Columbia, de Yale puis à l’ensemble des plus prestigieuses universités américaines (la "Ivy league") et enfin à toutes les universités du continent nord-américain. Les autres facultés suivent, ainsi que quelques sociétés et, en 2006, le site s’ouvre à toute personne âgée de plus de 13 ans.
De son côté, Mark Zuckerberg, au bout de sa deuxième année d’université et sous le succès de Facebook, décide d’arrêter les études pour se consacrer totalement à ce dernier, déplaçant la société à Palo Alto, en Californie. Enfin pour l’anecdote, "Zuck" est daltonien et la couleur bleue est celle qu’il voit le mieux. Une différence qui explique le design de Facebook !
Roxane Mansano et Julien Pompey
