Les enseignants ont tout fait pour convaincre les parents d’envoyer leurs enfants dans des filières généralistes plutôt que spécialisées", se souvient Camille Higel, responsable de la formation chez Lohr Industries, grosse PME alsacienne de 1 200 salariés. "Les familles, mais aussi certaines personnes du monde de l’entreprise, sont encore sceptiques et associent l'alternance et notamment l’apprentissage aux métiers peu valorisés", regrette également Antoine Imbault, directeur des partenariats avec les écoles chez Sodexho.
"Il faut encore convaincre les professeurs et les jeunes, surtout les plus diplômés, que l’apprentissage est un vrai contrat de travail et un engagement bien plus solide qu’un stage", explique enfin Gérard Carrié, responsable Emploi-Formation.
Bien que des rumeurs circulent sur la disparition progressive du BTS, ce diplôme garde toutes ses lettres de noblesse auprès des entreprises. Le BTS MUC a été actualisé et correspond aujourd’hui parfaitement aux besoins de nos métiers.
Que faire si un jeune signataire d’un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation ne respecte pas ses engagements ? Pas grand-chose.
Cette question taboue mérite pourtant d’être soulevée : un apprenti a des droits, mais aussi des devoirs.
Dans le cadre des contrats de professionnalisation, les entreprises font régulièrement appel à des organismes privés pour gérer la partie "formation". Pour être prise en charge par l’OPCA, une formation doit déboucher sur un titre reconnu.
Or ce dernier point manque souvent de clarté. Même flou en matière de tarification, parfois ajustée en fonction du montant pris en charge par l’OPCA. Faut-il en déduire que cette tarification est aléatoire ?"
Au regret des entreprises, la communication et l’échange ne sont pas toujours au cœur des rencontres entre le tuteur et les représentants de l’école. Éclaircir ce point permettrait au centre de nous présenter des apprentis correspondant au profil de notre secteur d’activité, déclare Manuel Kesseler.
Simplifier les processus administratifs relatifs aux contrats de professionnalisation et d’apprentissage appartient aux vœux exprimés par certains professionnels : "Il ne s’agit jamais du même document à remplir et il ne faut jamais l’envoyer au même endroit !" explique Antoine Imbault qui gère, entre autres, trois cents apprentis chez Sodexho.
Ensuite, pour obtenir les aides, de nouveaux éléments doivent être transmis à une autre adresse. Quelle perte de temps !"
Au risque de décourager les esprits les mieux intentionnés.
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