Une formation de haut niveau, une expérience professionnelle formatrice et une rémunération assurée. Quoi qu’en en dise, l’offre est plutôt alléchante. Avantage bonus, dans le cadre d’un contrat en apprentissage, les frais de scolarité sont pris en charge par l’entreprise. Une aubaine quand on sait que les tarifs des grandes écoles de management oscillent entre 5000 et 10000 € l’année.
Toutefois, et contrairement aux idées reçues, le volet financier ne constitue pas le premier critère de motivation pour les étudiants. Beaucoup d’apprentis ont en premier lieu l’envie d’en “découdre” avec l’entreprise. Les stages ne leur suffisant plus, ils souhaitent approfondir leur connaissance du monde du travail par une mission sur le plus long terme, parfois combler un déficit expérimental ou de se tester sur terrain. “Après deux ans de prépas et un an d’école de commerce, j’éprouvais le besoin de confirmer mon orientation professionnelle, se souvient Ingrid, ancienne apprentie de Grenoble EM. Je me suis donc engagé en alternance dès la deuxième année de mon cursus grande école, et cette expérience m’a servie pour définir mes choix de spécialisation en troisième année”.
Contrairement à l’alternance infra-bac, l’apprentissage dans les grandes écoles est et reste un cursus de haut niveau destiné à former des cadres et des professions intellectuelles supérieures. De fait, au fil de leur apprentissage, les futurs diplômés devront prendre en charge des missions au long cours, avec des périodes de rush et des périodes plus calmes. Avec l’expérience, les écoles de commerce se sont adaptées à cette temporalité spécifique et accordent aux étudiants en apprentissage une grande flexibilité dans l’organisation de leur cursus. Certaines condensent les cours sur une semaine pour laisser à l’étudiant le maximum de disponibilité le reste du mois, d’autres regroupent les cours de façon intenses sur quelques semaines, et ralentissent le rythme le reste de l’année. Les plus avant-gardistes, enfin, proposent un forfait “à la carte” avec les séminaires obligatoires proposés de façon récurrente tout au long de l’année. L’apprenti peut donc passer de longues périodes en entreprises pour réaliser ses missions et se composer son propre cursus en composant l’offre de formation qui l’intéresse.
Pas question toutefois d’avoir moins de cours que les autres. Le volume horaire et le programme sont exactement les mêmes que les étudiants qui suivent la voie classique. Le diplôme délivré a donc exactement la même valeur. L’expérience en plus.
Les contrats proposés sont de trois sortes. Le classique contrat d’apprentissage est ouvert aux jeunes âgés de 16 à 25 ans. Sa rémunération minimale est basée sur un barème précis compris entre 25 et 78 % du SMIC, selon l’âge et l’année de formation. Le signataire a alors le statut de salarié, et l’entreprise prend en charge ses frais de scolarité. Le nombre de places en apprentissage étant limité par la Région, les écoles ont développé en parallèle des cursus en stage alterné. Dans ce cadre, l’étudiant conserve son statut initial. Il n’est pas considéré comme un salarié mais est lié à l’entreprise par une convention de stage tripartite. Comme tout stagiaire, il doit s’acquitter lui-même de ses frais de scolarité, mais peut aussi bénéficier d’une bourse. Sa rémunération minimale est calculée selon la législation en vigueur, à savoir 30 % du SMIC (398 € en 2009), au prorata des jours passés en entreprise.
Enfin, les écoles proposent également la solution contrat de professionnalisation. Sans limite d’âge, cette formule accorde à l’étudiant le statut de salarié et l’entreprise participe aux frais de formation. La rémunération est calculée en fonction du barème légal : de 55 à 100 % du SMIC en fonction de l’âge du signataire.
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