L’artisanat mérite sa qualification de première entreprise de France. Présent dans toutes les régions françaises, il s’enorgueillit d’un chiffre d’affaires de 270 milliards d’euros – plus que l’automobile –, et constitue une composante incontournable du tissu économique du pays.
Pourtant, les entreprises sont confrontées aujourd’hui à un problème majeur : le recrutement. “En sept ans, les artisans ont créé 430 000 emplois, soit un quart du total des créations d’emplois en France durant cette période, annonce Pierre Martin, président de l’Union professionnelle artisanale. Ces chiffres pourraient être encore plus élevés si les entreprises n’éprouvaient pas des difficultés à recruter. Une enquête UPA/I+C de juillet 2006 a ainsi montré que 38 % des artisans ne parvenaient pas à embaucher. À certaines périodes, on comptait même jusqu’à 100 000 offres d’emploi non pourvues.”
Bien sûr, ces chiffres masquent de réelles disparités. Le secteur du bâtiment, porté par le dispositif de TVA réduite pour les travaux d’entretien et de réparation du logement, reste le plus gros demandeur en main-d’œuvre qualifiée, juste derrière les services à la personne (taxi, coiffure,…) et la production (bois et ameublement notamment) qui connaissent une hausse significative de leur activité.
Les métiers de bouche, quant à eux, rencontrent également des difficultés de recrutement générées principalement par un rythme de travail contraignant et des salaires peu attractifs. Pour attirer les jeunes vocations, le secteur mise donc sur l’un de ses principaux atouts : la possibilité de devenir son propre patron. “ La perspective de s’installer à son compte au bout de quelques années est réelle, assure Pierre Martin. 50 % des personnes formées aux métiers de l’artisanat deviennent chef d’entreprise dans les dix ans et un quart des repreneurs d’entreprises ont moins de… 30 ans. De surcroît, une majorité d’artisans peut prétendre à un niveau de vie équivalant à celui d’un cadre ou de certains professionnels libéraux.”
L’artisanat propose 750 formations professionnalisantes, tous niveaux confondus : CAP, BEP, bac pro mais également BTM, BM et autres certificats de qualification. Premier niveau d’accès ? Fin de troisième. “À partir du moment où la personne a suivi une formation en alternance et a donc développé une expérience de l’entreprise, son employabilité est maximisée, quel que soit son niveau de qualification, insiste Pierre Martin. Pour le reste, je vous confirme que la quasi-totalité des branches de l’artisanat connaît un déficit d’embauche et ne demande qu’à recruter et fidéliser de nouveaux salariés.” Avis aux vocations !
900 000, nombre d’entreprises artisanales
11 %, pourcentage du nombre d’actifs évoluant dans ce secteur
175 000, nombre d’apprentis formés chaque année
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