Les contrats en alternance peuvent être de trois types :
- Contrat d'apprentissage
- Contrat de professionnalisation
- Convention de stage
"L’apprentissage est une nécessité pour
l’emploi des jeunes mais aussi pour la
prospérité de la France et la vitalité économique
de ses régions, expliquait J.L. Borloo en 2005. Vrai… indéniablement !
Les 500 000 départs à la retraite
se profilant à l’horizon font craindre
le pire pour la vitalité économique
du pays. Aussi apparaît-il urgent de
pallier le problème en embrayant sur
un programme de promotion et de
valorisation de l’apprentissage, car
"la formation en alternance est la voie la
plus rapide et la plus efficace vers l’emploi
(70 à 90 % de taux de placement)" ajoute l'ancien ministre de la cohésion sociale.
Bilan des opérations : plus d’apprentis =
transmission assurée des savoir-faire et
des entreprises. CQFD !
Le programme 3 du plan de cohésion
sociale vise ainsi à porter à 500 000
le nombre d’apprentis en 2009.
Pour ce faire, il est impératif d’améliorer l’attractivité de l’apprentissage
auprès des jeunes et de leurs parents, de promouvoir l’apprentissage auprès
des entreprises n’ayant pas recours
à ce système de formation, d’aider au financement de l’apprentissage.
Pari relevé !
L’image de l’apprenti souffre de connotations
parfois péjoratives.
Qu’à cela ne tienne ! Il est désormais
“Etudiant des métiers” et se voit attribuer :
- Une carte nationale d’apprenti donnant
droit à des réductions tarifaires (sport,
culture, transport…) ;
- Des allocations de logement et de
mobilité ;
- Des aides au premier équipement
(parfois onéreux dans certaines filières).
Jusqu’à aujourd’hui, seuls les jeunes
âgés de 16 à 25 ans maximum pouvaient
signer un contrat d’apprentissage.
Désormais, cet âge peut être poussé plus
avant pour les candidats présentant un
réel projet professionnel ou un désir de
création d’entreprise.
Pour le public handicapé, l'entrée en apprentissage peut aussi se faire jusqu'à l'âge de 30 ans.
Désormais, la rémunération de l’apprenti
s’effectuera en fonction de son niveau
d’études et non de son âge. De ce fait, les
plus jeunes contractuels ne seront plus
pénalisés en s’orientant vers une formation
de même niveau ou de niveau supérieur.
Le plan de cohésion sociale prévoit
également un maintien de la rémunération
de l’apprenti enchaînant deux contrats
afin de pallier le problème de baisse de revenus.
Jusqu’à ce jour, on ne pratiquait aucune distinction, en termes de compétences, entre les jeunes entrant en apprentissage. Aujourd’hui, l’adaptation est de rigueur : la durée du contrat est établie en fonction de l’âge de l’apprenti et de sa progression dans le cycle de formation.
Obligation est désormais faite aux centres de formation d’organiser un entretien formalisé tripartite (possibilité pour les apprentis d’être accompagnés de leurs parents) dans les deux mois suivant la signature du contrat. Objectif d’un tel suivi ? Prévenir les risques de rupture de contrat encore trop présents dans le système actuel.
L’intégralité de la rémunération de l’apprenti est soustraite à l’impôt sur le revenu des parents.
L’apprentissage s’acquitte de sa mission lorsqu’il répond aux besoins des entreprises et donc des fédérations de métiers. Bien que la majorité des structures de formation oeuvrent en ce sens, on déplore encore que certains programmes ne collent pas au plus près de l’évolution des techniques et des compétences exigées par les recruteurs. Certaines professions disparaissent… d’autres naissent. Que les "quelques" mauvais élèves se ressaisissent donc et actualisent leurs enseignements. Le ministre vous le dit : on rénove et on adapte !
La qualité des formations repose, en grande partie, sur l’adéquation de l’action entre maître d’apprentissage et équipe pédagogique. C’est pourquoi ces liens doivent être toujours plus renforcés de façon à soutenir le tuteur dans ses “obligations pédagogiques” et rendre effectif le suivi de l’apprenti en entreprise ou au centre de formation.
Le programme 3 prévoit l’instauration d’un
crédit d’impôt pour favoriser l’embauche
des jeunes en entreprise et compenser
l’augmentation de la taxe d’apprentissage
post-recrutement. Cette aide de 1 600 €
par apprenti présent depuis au moins six
mois au cours de l’année précédente,
peut atteindre 2 200 € si l’apprenti fait l’objet d’un accompagnement
renforcé ou s'il est handicapé.
Notons que ce crédit s’adresse à toutes
les entreprises, qu’elles soient assujetties
ou non à la taxe d’apprentissage.
Ratifié par l’ensemble des partenaires
sociaux, le contrat de professionnalisation
se définit comme une aide à la qualification
des jeunes et demandeurs d’emploi.
Son objectif ? Favoriser l’accès à la formation
générale, technologique et professionnelle
pour mieux pallier les problèmes inhérents
au chômage.
Le contrat de professionnalisation est destiné :
- Aux jeunes âgés de 16 à 25 ans sortis du
système éducatif ;
- Aux demandeurs d’emploi de plus de 26 ans
sans qualification professionnelle ou ayant
besoin d’un complément de formation.
Le contrat de professionnalisation peut se
décliner en un CDI ou un CDD de six à douze
mois. Toutefois, sa durée peut être portée à
24 mois, en cas d’accord de branche, pour :
- Les personnes déscolarisées dépourvues
de toute qualification professionnelle
- Les personnes dont la nature des qualifications
l’exige
contrat de professionnalisation débouche
sur :
- Un diplôme ou un titre à finalité professionnelle
enregistré dans le répertoire
national des certifications professionnelles
- Une qualification professionnelle établie
par la commission paritaire nationale de
l’emploi d’une branche professionnelle
- Une qualification professionnelle reconnue
dans les classifications d’une convention
collective de branche
L’employeur s’engage à former le salarié afin qu’il acquière une qualification professionnelle et à lui assurer un emploi en adéquation avec l’objectif de formation ; le salarié, quant à lui, s’engage à suivre la formation et à travailler pour le compte de son employeur.
Les actions de formation (évaluation et
accompagnement) représentent entre 15 %
et 25 % de la durée totale du contrat
de professionnalisation, soit 150 heures
minimum effectives de formation. Toutefois,
cette durée peut être étendue en fonction du
niveau de qualification du contractuel et/ou
des exigences de la qualification visée.
Le programme est déterminé avec
l’employeur, le salarié et le soutien de
l’organisme de formation : tout réajustement
doit intervenir dans les deux premiers
mois de travail effectif du salarié.
Le tuteur n’est pas obligatoire dans l’action
de formation ; néanmoins il reste vivement
conseillé en termes d’encadrement et de
conseil. Tout tuteur doit être volontaire et
justifier d’une expérience professionnelle
de deux ans minimum dans la qualification
qu’il soutient. Son rôle consiste à :
- Accueillir
- Aider
- Informer et guider
- Veiller au respect de l’emploi du temps
- Entretenir la communication avec
l’organisme de formation chargé de la
mise en oeuvre des actions
- Participer à l’évaluation
La convention de stage est encore peu promue dans les médias. Et pourtant, l’alternance ne se résume pas aux seuls contrats d’apprentissage et de professionnalisation. Aujourd’hui tout est bon pour que les jeunes accèdent au monde de l’entreprise et facilitent leur insertion sur le marché de l’emploi… Et ce ne sont pas les recruteurs qui s’en plaindront.
La convention de stage en alternance
s’adresse principalement aux étudiants, et
ce à tous les niveaux d’études supérieures.
L’emploi du temps est donc bâti en fonction
des périodes théoriques et
professionnelles, soit, généralement
: deux jours pleins en
école et trois jours consécutifs en
entreprise.
La signature de la convention est
tripartite : l’étudiant, l’entreprise
et l’école s’accordent ainsi sur
les conditions de formation du
stagiaire, sa mission et sa rémunération durant quatre
mois minimum. Un tuteur est
alors désigné et se doit pleinement
à son rôle d’encadrement et de
communication.
Toutefois, qu’il soit en entreprise
ou à l’école, le stagiaire dépend
directement et exclusivement du
chef de son établissementde formation.
N’importe quelle entreprise ou association
peut devenir signataire d’une convention
de stage en alternance, et ce quel que soit
son effectif. La définition d’un stage
pratique ne nécessite aucune
habilitation particulière. Toutefois, les
entreprises sont tenues de prendre en charge
les frais de formation, la rémunération du stagiaire (390 € / mois minimum pour un stage de plus de trois mois) et/ou ses frais professionnels.
L’entreprise bénéficie du crédit
d’impôt formation dans le cadre de ses
dépenses relatives à l’accueil d’un étudiant,
soit une déduction des frais et indemnités
de stage sur la taxe professionnelle. Autre
avantage non négligeable : la convention
permet ponctuellement de pallier un
manque d’effectif, voire de construire un
réel plan de recrutement post-stage.
Le stagiaire préserve tous les bénéfices de
son statut d’étudiant : accès au Crous, au
restaurant universitaire, à la mutuelle
étudiante… Sa rémunération, obligatoire pour les stages de plus de trois mois, varie généralement de
30 à 70 % du SMIC. En cas d’accident de
travail, le stagiaire cotisant à la Sécurité
sociale est automatiquement pris en
charge. Ainsi est-il couvert quels que
soient les risques encourus en entreprise
ou sur le trajet pour se rendre au travail.
En outre, il est libre, à tout moment, de
changer d’entreprise sans être pour autant
exclu des cours (à la différence de certains
autres !).
Enfin, le stagiaire bénéficie d’une
grande partie de ses vacances scolaires…
de quoi rendre jaloux ses homologues
sous contrat de professionnalisation ou
d’apprentissage !
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