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Le cloud computing, des emplois jusque dans les nuages

En mettant à la disposition des usagers des capacités de stockages infinies, le cloud computing est en train de devenir LE nouveau mode de consommation informatique, avec des perspectives de croissance hallucinantes et des créations d'emplois importantes.

Emploi : le secteur du cloud computing

L’informatique dans les nuages, tel est le concept résumé du cloud computing (CC). Ce phénomène, démocratisé avec les services de stockage à distance et les webmails gratuits, prend de plus en plus d’ampleur dans les entreprises. Et si ce mot est sur presque toutes les lèvres, c’est pour une raison simple : il permet de rationaliser les dépenses et les investissements informatiques.

Pour une entreprise, l’intérêt est double. Le cloud computing, lui, permet de lancer un service sans investir dans l’achat ou la location d’infrastructure informatique (hardware). D'autre part, il permet de bénéficier d’économies d’échelle, qui ont des répercussions financières. Par exemple, les ressources informatiques qui ne sont pas utilisées par les entreprises françaises la nuit, peuvent l’être par des entreprises japonaises pendant ce temps-là. C’est un peu comme une usine qui tournerait 24 heures sur 24, avec des ressources mutualisées.

Une croissance exponentielle

Selon une étude du cabinet IDC de mars 2012, le chiffre d’affaires du CC devrait atteindre 1,1 trillion de dollars, soit plus de mille milliards de dollars, d’ici à 2015. Surtout, ce secteur devrait générer la création de 14 millions d’emplois à travers le monde.

Des chiffres qui donnent le tournis… et qui ne font pas l’unanimité de toute la communauté informatique. En France, IDC prévoit la création d’un peu plus de 189 000 emplois dans le cloud computing alors que, dans le même temps, le ministère du Travail table sur 80 000 créations nettes, et 154 000 postes à pourvoir d’ici à 2020… Mais alors qui sont les employeurs du cloud computing ?

Le cloud computing en remet des couches

Pour bien comprendre les gisements d’emplois, il faut d’abord se représenter virtuellement la carte économique du cloud computing. Les experts ont coutume de dire que le CC fonctionne selon deux dimensions. Une première approche transverse, qui distingue le cloud public (services accessibles via internet) du cloud privé (services externalisés mais pas partagés entre différentes entreprises) et du cloud hybride (un mélange des deux).

"L’approche verticale distingue trois couches : la couche des infrastructures (Microsoft, Amazon EC2…), la couche de plate-forme applicative (PaaS, Plateform as a service) et enfin la couche SAAS (software as a serviceSalesforces, Cegid On Demand…), qui consiste à louer les logiciels en fonction des demandes des utilisateurs", détaille François Tonic, rédacteur en chef de Cloudmagazine.fr.

À cela, s’ajoute le cloud "souverain", des projets de CC soutenus par l’État via le grand emprunt dont l’objectif est que les données sensibles soient hébergées dans des data-centers français.

Des métiers techniques sur le gril

En termes de métier, on voit que le nerf de la guerre du cloud computing est la sécurité et l’accès optimisé aux données. Pas question pour une entreprise que son logiciel de relation client plante en raison d’intempéries… Pour parer au pire et anticiper, les ingénieurs sécurité, les ingénieurs base de données, les ingénieurs réseaux mais aussi les architectes réseaux sont des profils qui sont d'ores et déjà très recherchés.

Mais rares sont les écoles à avoir déjà mis le CC au programme. "Les futurs ingénieurs, par exemple, doivent faire un réel travail de veille technologique car, dans le cloud encore plus qu’ailleurs, les innovations sont permanentes", prévient François Tonic.

Des recruteurs multiples et variés

Pour l’heure, les recruteurs de compétences cloud sont les grandes sociétés de conseil en informatique (Atos, Capgemini, Sopra…) et les éditeurs de logiciels (Cegid…), qui cherchent des développeurs et des commerciaux pour vendre leurs solutions. Les constructeurs de matériel cloud (HP 3com, Cisco…) ainsi que les hébergeurs devraient également étoffer leurs équipes.

Mais la chasse aux "cloud compétences" ne fait que commencer. "Les grands noms du CAC 40 s’interrogent sur l’opportunité de migrer sur le cloud. Le feront-ils via le cloud public ? Développeront-ils des clouds privés ? Ou vont-ils conserver leur infrastructure en interne ?", s’interroge Marlène Ribeiro, directrice de l’activité système d’information du cabinet de recrutement Michael Page. Une chose est sûre : le cloud computing devrait bel et bien briller dans les années à venir.

Sylvie Laidet, OrientationsLundi 03 Mars 2014