Une vie, un métier : c’est fini. Aujourd’hui, précarité de l’emploi oblige, le nouveau mot d’ordre est “modularité”. Les actifs n’hésitent plus à élargir leur champ de compétences, voire à se réorienter pour se positionner sur le marché du travail. Des dispositifs tels le DIF (Droit individuel à la formation) ou le CIF (Congé individuel de formation) encouragent les salariés à sauter le pas et à s’investir dans la formation professionnelle.
Pour répondre à ces nouvelles demandes, les organismes de formation recherchent… des formateurs. Et, dans ce secteur comme partout, les domaines les plus courus se calquent sur le marché de l’emploi. En tête de liste figurent donc les métiers du bâtiment et le service aux personnes.
Les pouvoirs publics laissent ainsi à leurs 320 organismes privés le soin d’organiser la formation professionnelle pour mieux traiter le volet social. “Traditionnellement, de nombreux emplois du secteur relèvent des collectivités territoriales (conseils généraux, hôpitaux…), explique Olivier Cany, le directeur de l’AFORTS, l’Association française des organismes de formation et de recherche en travail social. Les associations et certains organismes privés à but non lucratif interviennent également dans des secteurs peu supervisés par l’État comme la réinsertion. Dans les années à venir, les départs en retraite et l’augmentation des phénomènes d’exclusion engendreront des recrutements importants à tous les niveaux. L’essentiel des besoins se concentrera sur les postes de terrain, l’aide médico-psychologique ou le soutien aux personnes âgées. On comptera également des postes à pouvoir dans l’administration, particulièrement dans la direction d’établissement.”
Toutefois, la formation pour adultes reste un domaine particulier et peu ouvert aux débutants. Après cinq années d’expérience professionnelle minimum, les formateurs acquièrent les compléments théoriques, méthodologiques et pratiques de formateur d’adultes par la voie de… la formation. Dans le domaine du social, quid de l’expérience professionnelle ? On recherche surtout l’expérience humaine.
“Le secteur a besoin de bras certes, confirme Olivier Cany, mais de bras compétents et de têtes solides psychologiquement. Les travailleurs sociaux se retrouvent quotidiennement confrontés à des situations de grande détresse. Nous demandons donc aux candidats de bien mûrir leur projet.” Avis aux amateurs d’études courtes, les CAP et BEP axés sur les services à la personne ont le vent en poupe. Pour accéder aux postes à plus forte valeur ajoutée, cap sur les concours administratifs, les diplômes de niveau bac+2/+3 (DUT Carrières sanitaires et sociales, le nouveau BTS SMS, licences professionnelles).
800 000, nombre de travailleurs sociaux (dans les collectivités territoriales, les organismes de protection sociale et les associations). Source : ministère de l’Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement
1 milliard d’euros, chiffre d’affaires cumulé par les 320 organismes privés de formation (Source : Fédération de la formation professionnelle)
42 ans, moyenne d’âge des formateurs
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