Industrie, sciences

Fermeture d’usines, délocalisations… l’industrie française a mauvaise presse. Derrière les clichés, le secteur affiche des résultats pourtant honorables en occupant le cinquième rang mondial des pays exportateurs de produits industriels. Aussi, pour conserver une longueur d’avance face à la concurrence, les industriels misent aujourd’hui sur l’innovation et les jeunes diplômés.

Ces vingt dernières années n’ont pas été de tout repos pour l’industrie française victime de l’arrivée des pays émergents – Chine et Taïwan en tête – qui tirent sans cesse les prix vers le bas. Conséquences : coupes budgétaires, licenciements économiques et des milliers d’employés sur le carreau. Pour tenter de stopper l’hémorragie, les entreprises se recentrent sur le progrès scientifique en créant de véritables pôles de recherche-développement spécialisés dans l’innovation technologique.

Emmené par des entreprises de pointe (aéronautique, pharmacie, automobile…), le secteur de l'industrie se compose à 90 % de PME de moins de vingt salariés et affiche un chiffre d’affaires de mille milliards d’euros en 2004. “L’industrie reste essentielle à l’économie du pays. Malheureusement, les jeunes en ont une image tronquée et hésitent à s’engager dans cette voie, déplore Martine Crusilleau, chef du bureau des politiques de formation de la Direction générale des entreprises. Pourtant, les conditions de travail ont beaucoup évolué avec la robotisation. Ainsi, les emplois pénibles et non qualifiés cèdent progressivement la place à ceux d’ouvriers qualifiés, de techniciens ou d’agents de maîtrise. D’ici 2015, on prévoit un million de recrutements dans les industries de process, la mécanique, la maintenance, la métallurgie… Autant de domaines qui offrent des perspectives d’évolution à moyen et long terme grâce à la formation continue notamment.”

L’horizon se dégage partiellement pour les futurs chercheurs qui voient des opportunités à saisir dans les départs en retraite d’une partie des professeurs d’université et des maîtres de conférence. Mais cette légère embellie ne doit pas occulter la polémique concernant la fuite des diplômés vers les établissements privés ou les pays étrangers.

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Si les filières techniques s’assurent toujours les bonnes grâces des employeurs, le niveau des diplômés en revanche augmente pour mieux répondre aux attentes des entreprises. La moitié des recrutements s’opèrent à un niveau inférieur au bac dans les domaines de la mécanique et du travail des métaux ; cette proportion descend toutefois à un tiers dans les industries de process.

De même, les employeurs exigent le niveau bac+5 pour tous les candidats au poste de cadre qui augmenteront leurs chances d’insertion en validant une double formation (technique et commerciale ou marketing par exemple). “Nous attendons toujours les filles, s’insurge Martine Crusilleau.
Elles sont encore trop peu nombreuses. Il faut tordre le cou aux idées reçues : aucun métier ne leur est refusé. D’ailleurs, sur le site Internet www.industrie-jeunes.fr, nous présentons des jeunes femmes qui évoluent dans l’aéronautique, la métallurgie, la plasturgie, la chimie, l’électronique… Alors avis aux amatrices !”

Chiffres clés

20 milliards d’euros, budget investi chaque année en recherche et développement
16 %, pourcentage d’ingénieures
84 %, pourcentage des exportations de produits industriels dans l’exportation globale française

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