A la différence de mandataires judiciaires (les liquidateurs), qui représentent les créanciers, les administrateurs judiciaires apportent une aide précieuse aux chefs d’entreprise en difficulté avec un seul objectif : la sauvegarde de la société.
L'administrateur judiciaire se confronte quotidiennement aux chefs d'entreprise, représentants du tribunal, créanciers … De réelles capacités d'organisation et une certaine aisance dans les relations humaines se révèlent donc indispensables. Patience et diplomatie sont également de rigueur pour mener à bien des négociations et déméler des situations souvent complexes.
L’administrateur judiciaire n’intervient pas à la légère. Mandaté par les tribunaux de commerce auprès des entreprises, notamment celles placées en redressement judiciaire, sa mission consiste d’abord à observer une situation. “En premier lieu, je dresse un bilan économique et social de l’entreprise, puis j’assiste les dirigeants au quotidien, aussi bien dans la gestion que dans les démarches administratives : élaboration d’un plan de remboursement des dettes, recherche d’éventuels repreneurs, et parfois processus de licenciement.” À l’issue de cette période, l’administrateur judiciaire présente au tribunal un plan de continuation, si la situation financière le permet, ou de cession à un repreneur. Dans les cas les plus graves, la liquidation s’impose et le dossier passe aux mains du mandataire judiciaire. Tout au long de son activité, l’administrateur judiciaire évolue dans un cadre juridique précis. “Je soumets chaque décision importante à l’approbation du juge commissaire. Et la loi, celle dite de sauvegarde votée récemment par exemple, encadre strictement mon intervention.”
Trop souvent confondu avec le liquidateur, l’administrateur judiciaire se révèle bien loin de l’image de monstre implacable venu démanteler les sociétés en perdition. “À force d’expérience, je reconnais rapidement les signes de crise. Les problèmes sont récurrents. Les chefs d’entreprise pensent toujours que “ça ira mieux demain”. Cet optimisme tend à retarder la mise en oeuvre de mesures indispensables. De fait, quand ils arrivent chez nous, ils ne sont jamais en très bonne position. Mon rôle consiste alors à leur expliquer, parfois longuement, que le monde ne fonctionne pas de cette manière, et que dans leur situation, des décisions s’imposent. Ces étapes sont toujours difficiles en termes humains. Pour les salariés aussi d’ailleurs, car certaines situations économiques m’obligent à licencier.” Pour éviter d’en arriver à ces extrémités, l’administrateur judiciaire encourage les entreprises à le consulter dès les premiers revers. “Plusieurs outils permettent de prévenir les difficultés : le mandat ad hoc, la conciliation, la procédure de sauvegarde. Mais plus l’entreprise tarde, plus sa situation devient inextricable. En fait, la réussite d’un dossier dépend beaucoup du moment auquel j’interviens.”
L’exercice du métier d’administrateur judiciaire requiert des connaissances pointues en droit, en gestion et en sciences économiques. C’est pourquoi l’examen d’accès au stage est ouvert aux titulaires d’un M1 minimum dans le domaine du droit, des sciences économiques et de gestion des entreprises, voire d’un DESCF (Diplôme d’études supérieures comptables et financières) ou d’un diplôme d’une école de commerce reconnue par l’État.
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