Philippe Sterlingot, ostéopathe, appartient à ces rares personnes qui ont toujours su qu’elles souhaitaient soigner les hommes. Un problème de santé durant sa jeunesse lui permet de découvrir l’ostéopathie du point de vue du patient, et fait naître en lui la vocation. “Le concept de soigner par les mains m’a d’emblée séduit, j’ai donc entrepris des études pour devenir ostéopathe.
Le métier d'ostéopathe nécessite la polyvalence, car les pathologies à traiter sont nombreuses et les divers types de patients le sont tout autant. L’investissement humain est important, un bon équilibre psychologique est indispensable.
“L’ostéopathie est l’art de diagnostiquer et de traiter, par la main, les dysfonctions de la micromobilité des tissus du corps, qui entraînent des troubles fonctionnels pouvant perturber l’état de santé.” (Référentiel Profession Ostéopathe). Une discipline manuelle et globale qui a considérablement évolué ces quarante dernières années. Elle s’adressait surtout au départ au système ostéo-articulaire, puis s’est également intéressée à la sphère crânienne et au domaine des viscères.
Les motifs de consultation les plus fréquents sont les affections douloureuses de la colonne vertébrale et des articulations. L’ostéopathie est aussi efficace dans la plupart des cas de maux de tête, torticolis, dans les affections congestives telles que les otites, rhino-pharyngites, sinusites, les troubles circulatoires, digestifs, gynécologiques et ceux du sommeil. “Aujourd’hui, peu de tissus du corps humain échappent à nos investigations, mais l’ostéopathie ne prétend pas tout soigner. Elle intervient en complément de la médecine allopathique et ne propose pas de traiter les maladies cancéreuses dégénératives, génétiques, infectieuses ou mentales, ni les fractures et
luxations orthopédiques.”
Philippe Sterlingot a de l’énergie à revendre, pas toujours facile d’arriver à le suivre. Il exerce dans deux cabinets, l’un en milieu rural, l’autre en milieu urbain, avec deux confrères. La journée débute à 8 heures et les rendez-vous se suivent sans interruption jusqu’à 13h30 pour un repas bien mérité, mais pris rapidement, rarement plus
de trente minutes. L’après-midi, le rythme ne faiblit pas et il est 20 heures quand les consultations
se terminent. En moyenne, une quinzaine de patients par jour passe entre ses mains. Cela peut sembler beaucoup, et pourtant chaque consultation individuelle dure entre trente-cinq et quarante-cinq minutes.
“La principale qualité pour devenir ostéopathe est l’humanité. Il est indispensable de porter un regard bienveillant sur son prochain, de s’y intéresser, pour être un bon soignant avec ses mains, car n’oublions pas que l’ostéopathe est en corps à corps permanent avec son patient, et que cette intimité ne peut bien se dérouler que s’il existe un réel intérêt pour l’autre. L’humilité est indispensable, elle seule permet de progresser sur le parcours parfois initiatique de l’ostéopathie, autorise la remise en question constante que nous impose le patient à travers les échecs de traitement qui sont bien plus profitables pour le praticien que les succès. Pour celui qui accepte
cette remise en cause, le métier d’ostéopathe confère une éternelle jeunesse intellectuelle."
Les écoles d’ostéopathie sont accessibles aux titulaires du baccalauréat ou d'une équivalence universitaire, sur dossier ou sur concours.
Les deux premières années sont principalement consacrées à l’acquisition des connaissances fondamentales de la découverte du corps humain (anatomie, physiologie, pathologie ….) et des techniques de base de palpation. Le cursus comporte également des enseignements en sciences humaines.
Il s'étend sur trois ans. Ce cycle est employé à l’acquisition de connaissances en médecine et sciences humaines ainsi qu'en sciences ostéopathiques. Les étudiants pourront également mettre en application leurs connaissances sur de vrais patients lors de stages obligatoiresréalisés sous la tutelle d’un ostéopathe diplômé. A l’issue de ce cycle, les étudiants doivent réussir le clinicat, examen sanctionnant les cinq premières années d’études, pour pouvoir accéder au troisième cycle.
Cette dernière année d’étude permet d’approfondir son savoir dans un domaine précis selon les écoles. La rédaction d’un mémoire de fin d’études, soutenu à l'échelon national devant un jury d'enseignants et de professionnels, permet d’obtenir le diplôme d’ostéopathe.