J’ai été agréablement surprise par le nombre d’heure de cours en classe préparatoire littéraire : je pensais devoir rester vissée sur ma chaise toute l’année mais en fait, les horaires sont plus légers que dans les autres types de prépas.
En revanche, la suite des évènements s’est avérée conforme à ce qui m’en avait été rapporté. A savoir, une somme de connaissance demandée incroyablement dense et un minimum de deux heures de lectures personnelles par jour pour tenir le rythme.
En fait, on attend de nous une érudition sans faille et les professeurs partent du principe que l’on doit maîtriser aussi bien les détails de la vie de Socrate que l’œuvre poétique complète de Victor Hugo, le tout avec des exemples très précis pour appuyer nos démonstrations !
La solution consiste à se forcer à être très méthodique dès les premiers jours pour identifier ses lacunes. Pour ma part, je conserve aussi toujours sur moi un carnet où je note les éléments que je dois ajouter dans mon programme de lecture. Il faut aussi se forger un moral d’acier et ne pas se laisser décourager par les résultats, ou plutôt leur absence, surtout en début de première année, quand les notes volent vraiment très bas.
En fait, quand je confrontais mes notes à la quantité de travail fourni, j’avais l’impression qu’on me demandait de m’atteler à un tâche infinie et dont je ne verrais jamais le bout. D’ailleurs, plusieurs de mes collègues préparationnaires ont perdu pied et ont abandonné.
Mais la première année sert avant tout à apprendre la méthode. Les professeurs sont conscients que la progression est lente, et douloureuse. Ils apprécient d’autant plus les étudiants qui conservent leur motivation.
Enfin, pour être efficace, il faut connaître son rythme et s’y conformer. Pour ma part, je travaille rarement après minuit, je travaille le week-end mais sans excès. J’essaie de me conserver du temps pour faire du sport ou me relaxer. Ainsi, conserver un bon équilibre et travailler avec régularité sont, à mon sens, les seules façons de progresser sans paniquer.
Autant l’avouer tout de suite, mes années de prépas ont été les plus longues de ma courte vie. Je les ai vécues comme un martyre quotidien fait de stress et d’humiliation permanente.
Il faut dire aussi que je suis parti avec des ambitions un peu délirantes : j’avais eu mon bac avec mention, j’avais toujours été bon élève sans me fatiguer et je n’envisageais rien de moins qu’HEC. De fait, je me suis mis une pression considérable, tout seul.
Pour ne rien arranger, l’esprit de compétition était très présent dans ma prépa. Tous les coups étaient bons pour vous déstabiliser : on vous jugeais sur tout, votre valeur académique, votre personnalité, vos hobbies... En plus, tout le monde était très stressé. Certains carburaient aux stimulants, anti-fatigue ou autres médicaments miracles. Pour moi, cela n’a jamais été une solution. Je pense plutôt que pour tenir le coup, mieux vaut avoir une bonne estime de soi-même, un entourage compréhensif et un moral à toute épreuve. Mais c’est dur quand même.
J’ai sûrement l’air amer mais en fait, j’ai très mal vécu ma première année. Par manque de méthode, je m’étais laissé dépasser par le rythme des cours. Heureusement, ma copine m’a beaucoup aidé. Elle m’a soutenu, m’a obligé à revoir mes méthodes de travail. Par exemple, j’ai découvert un truc tout simple mais d’une efficacité imparable : relire ses notes le soir, même après une journée chargée. Cela permet de mieux les mémoriser et évite les lacunes de s’installer. Alors oui, c’est fastidieux au départ mais on acquiert rapidement ces automatismes. <:p>
Enfin, je trouve que je n’ai pas été assez averti de la nécessité de développer une véritable endurance physique avant de s’engager dans cette voie. Une fois dedans, on dort peu, on saute des repas, la fatigue s’accumule et sans le sport pour évacuer le stress, c’est sûr, j’aurais laissé tombé.
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